DSCN2972Et de deux ! Voilà, c'est fait, notre petit bonhomme est venu agrandir notre famille... Samedi 12 mars, à 1h04, notre bibouilloutwo déboulait (c'est vraiment le terme) dans notre vie avec ses 50cm et ses 3,350 kg d'amour ! Un moment inoubliable dont je souhaite garder trace ici, comme pour la naissance de sa grande soeur, il y a presque 4 ans déjà !

Si pour lulu les choses s'étaient faites déjà très rapidement, là, on peut dire que Gabin a décidé de faire aussi dans le surprenant...

Vendredi après-midi, 14h, monito de contrôle chez une sage-femme libérale (il n'y avait pas de place à l'hôpital ce jour là). Bibouilloutwo est en pleine forme et de mon côté... RAS ! En presque 3/4 d'heure de monito, une pauvre petite contraction... La sage-femme me dit "bon autant dire que vous n'êtes pas en travail hein !"... Je lui dis que le doudou va être content, il a un match de hand ce soir, elle me dit "il peut y aller tranquille" ! C'est cela oui...

DSCN2930Vendredi soir, 20h45, on vient de terminer, lulu et moi, de dîner chez mes parents. Le doudou est à son match de hand. Je dis à Lucile de réunir ses affaires, on va rentrer se poser à la maison devant le spectacle des enfoirés... Je suis devant la porte d'entrée prête à sortir quand "splaaash"... euh... et "re-splaaaaaaaaaaash"... ooooooooh. "Euh, là je crois que j'ai perdu les eaux !"... Ma mère est en panique, lulu se demande ce qu'il se passe et se met à trépigner quand je lui dis que son petit frère va naître bientôt, mes neveux et nièces qui sont là aussi sont hallucinés... bref, je dis à tout le monde de se calmer, j'appelle le doudou qui allait entrer sur le terrain, je laisse lulu chez mes parents et je file prendre une douche et finir de préparer mes affaires.

21h30, on repasse chez mes parents pour déposer les affaires de Lucile pour la nuit... Quand elle me voit entrer dans la maison elle me dit "bah il est où mon petit frère ?"... euh chérie c'est pas encore fait, on part à la maternité là !

22h, on arrive à la maternité et on est pris en charge par une sage-femme et... je ne sais pas si c'est un sage-homme ou un auxiliaire de puériculture. Toujours est-il que ce super binôme sera celui qui nous accompagnera durant cette incroyable aventure... On m'ausculte, j'ai bien perdu les eaux mais le travail n'est pas commencé. Mon col n'est pas effacé ! On me met sous monito, on me fait un bilan sanguin et on patiente... Au terme du monito, bibouilloutwo va bien, de mon côté il y a quelques pauvres contractions mais pas douloureuses, ni régulières...

DSCN293223h, la sage-femme m'annonce que ce ne sera pas pour de suite mais comme la pôche est rompue ils doivent me garder. Il n'y a pas de chambre simple disponible, le doudou ne va pas pouvoir rester avec moi (gros coup au moral là) et qu'on me laisse entre 12 et 24h avant de déclencher l'accouchement... re-coup au moral...

23h30, le doudou part chercher mes valises pour que je passe la nuit dans une chambre double. Il est sur le point de partir quand la sage-femme nous demande de patienter un peu, il y a un soucis avec mon bilan sanguin. Pendant qu'on attends, je ressens une première contraction un peu douloureuse... ah ?! Puis une autre...

23h45, la sage-femme et le gynécologue de garde viennent nous expliquer que mon bilan infectieux n'est pas top. Comme j'ai un rhume, ca peut être ca mais ils ne peuvent pas en être sûr. Comme ils savent qu'on souhaite une naissance physiologique, ils nous proposent de prendre un antibio maintenant et d'attendre jusqu'à demain matin pour déclencher, mais pas plus tard... Ok... "euh d'ailleurs j'ai eu 2 ou 3 contractions douloureuses là..." La sage-femme a un petit sourire genre "mais oui ma pauvre dame, on y croit vu ton état il y a une demi-heure"... Je dis à David de rester encore avec moi, que je sens que ca travaille.

Minuit... tout s'accélère. Nous sommes dans la salle nature, on nous laisse tranquille, on nous met une lumière tamisée, on m'apporte un ballon... Les contractions sont de plus en plus fortes. Je dis à David de regarder le temps, elles sont toutes les 4mn, puis très vite toutes les 3mns, toutes les 2mns... A ce stade là il me dit "j'arrête de regarder, y a plus de temps mort". La sage-femme revient, elle me remet le monito mais il ne tiendra pas longtemps en place. Je douille sévère, j'essaie d'accueillir les contractions dans toutes les positions possibles, debout, à quatre pattes, avachie sur le ballon,... David me soutient, il me masse le dos, m'encourage, me rappelle de ne pas lutter contre la douleur, de l'accueillir... Il me reconnecte avec Gabin, m'encourage à respirer... Une contraction encore plus forte me projette en arrière, je pèse de tout mon poids sur lui, je me dis que je ne tiendrai pas le coup. Les contractions sont terriblement fortes et j'ignore où j'en suis... si ce n'est que le début du travail c'est impossible que je puisse aller au bout. C'est tellement violent et intense.

DSCN29350h45 la sage-femme revient, elle me dit qu'elle va me remettre le monito mais qu'il faudrait que je m'allonge car là elle ne capte pas... je lui dis que c'est impossible. Au moment où je me lève, une contraction encore plus forte que les autres me paralyse. Je m'accroche à David, je pèse de tout mon poids sur ses épaules, j'ai l'impression d'être un naufragé accroché à une bouée en pleine tempête... La sage-femme est surprise par l'intensité, elle me dit "mais vous sentez que ca pousse ?" - "euh, oui !"
On me conduit dans la salle voisine, je ne sais même plus si je marche, si je suis portée... je ne vois plus rien, j'ai juste cette douleur atroce qui ne me quitte plus... On me met sur la table de travail, on me demande dans quelle position je veux me mettre... à ce moment là, je ne sais plus. On m'aide à me basculer sur le côté et la sage-femme me dit "si vous voulez pousser, faites". Comme pour l'accouchement de Lucile, c'est à la voix de doudou que je me raccroche. Il m'encourage, me félicite, me dit de bien respirer... il manque de perdre un bout de steak à un moment donné... j'arrive à lui choper un bout de bras et à le mordre, heureusement pour lui un éclair de lucidité me fait lâcher et il arrive à me coller le masque à oxygène sur la bouche. Ouf sauvé le doudou ! Il me dira après qu'il a été impressionné par la force physique qui était la mienne à ce moment là. Qu'il devait peser de tout son poids quand je m'accrochais à lui et que si on avait fait un bras de fer à cet instant là il n'était pas sûr de le gagner.

La douleur est toujours aussi forte à chaque contraction mais je sens que ca y est, la tête est engagée, je reconnais cette brûlure... Dans un ultime sursaut je me raccroche à la vision de Gabin, j'attrappe ma cuisse et je pousse avec toute l'énergie que je peux. Je le sens avancer, l'équipe m'encourage et me dit que c'est parfait, il est quasiment là. Je sens la tête sortir, on m'encourage, Gabin est pratiquement né. Encore une poussée, et la sage-femme me dit d'attraper Gabin pour le sortir. Je le saisis et je le ramène contre moi... waouh... je répète "il est beau, il est beau, il est beau"...

DSCN2980Il est 1h04... Gabin est né, une heure seulement après le début des contractions de travail. Il se blottit contre moi, il est parfait. Quand le cordon a fini de battre l'équipe propose à David de le couper, il accepte... waouh, il m'épate là ! La sage-femme et le sage-homme s'occupent de moi pendant que je donne sa première tétée à Gabin (j'adore ce moment où on recoud les déchirures, vérifie l'expulsion du placenta... mmh vraiment), on est tous totalement surpris par cette naissance. On en rit. Ils me disent que l'effet déclencheur du gynecologue a été vraiment efficace, je leur dis que je suis persuadée qu'ils font le coup à toutes les femmes et qu'en fait le gars c'est même pas le gyneco de garde mais un gardien de parking... Je dis aussi à doudou que si l'idée de faire un troisième me prend, qu'il me rappelle combien j'ai souffert et combien c'était violent... Bon ceci dit faut avouer, on oublie vite ! Mais quand même ;o)

Au bout de 2h on me propose de me lever pour aller avec David dans la petite pièce en face et habiller Gabin sous les lampes chaudes. J'apprécie vraiment. On le pèse simplement puis, conformément à nos souhaits, on ne met pas de gouttes dans ses yeux, pas d'aspirations, pas de gestes intrusifs...

Avec le recul, le lendemain, on a d'ailleurs réalisé (enfin surtout moi car David lui en a eu conscience pendant l'accouchement), combien l'équipe avait respecté notre projet de naissance. Sur le coup, j'étais trop dans la douleur, l'urgence pour m'en aperçevoir mais en rediscutant j'ai effectivement pris conscience que tout a été fait comme nous l'avions demandé : on nous a permis de vivre le travail de manière intime, sans être dérangé ; on ne m'a jamais proposé d'alternative pour la douleur (péridurale, bon de toutes façons on aurait pas eu le temps mais bon) ; on m'a laissé choisir instinctivement la position qui me convenait le mieux ; on m'a laissé poussé quand je le sentais ; on m'a laissé sortir Gabin ; on a laissé le cordon cesser de battre ; on a proposé à David de le couper ; on a limité les soins... bref, tout ce qui était dans notre projet a été suivi par l'équipe.

DSCN2999Le lendemain soir, "mon" binôme était d'ailleurs de nouveau de garde et est venu discuter un moment avec moi. J'ai pu les remercier pour tout cela et on a pu en parler un peu. Ils étaient contents qu'on ait pu avoir l'accouchement dont on rêvait. "Euh oui c'était quand même un peu violent hein"... la sage-femme a rigolé et m'a dit "en même temps accoucher en 1h... le gyneco n'en revenait pas, lui qui pensait vous déclencher ce matin" ! Tu parles Charles !

La suite du séjour à la maternité a été dans la même lignée. Là aussi notre projet a été respecté... Nous avions notamment précisé qu'on ne souhaitait pas donner le bain chaque jour à Gabin pour éviter qu'il ne se refroidisse, mais seulement un jour sur 2. L'équipe a été présente mais non intrusive, l'allaitement a roulé immédiatement et dès le deuxième jour Gabin reprenait du poids. Nous avons donc pu sortir dès j3 et c'est avec beaucoup de plaisir que nous avons retrouvé notre maison... Et que nous prenons tout doucement nos marques dans cette nouvelle vie à 4 ! En un mot, un seul... on est HEUREUX !