lucilemai2008_158Comme il est difficile pour nous, adultes, de parfois comprendre les (nos et ceux des autres) enfants. Pourquoi alors qu'on s'évertue à leur rabâcher qu'il est l'heure de (compléter en fonction de la situation) :
- partir, on va être en retard
- manger
- aller prendre le bain
- aller au lit
...
pourquoi s'entêtent-ils autant à vouloir continuer de jouer ? Dans ces moments là, s'ils ne font pas la sourde oreille, c'est une véritable crise qui se déclenche, comme si leur vie était en jeu (justement). Et nous, adultes, avons bien des difficultés à ne pas trouver cela (et hop nouveauté sur mon blog, un APM - article à propositions multiples) :
- agaçant
- fatiguant
- exagéré
- insupportable : encore un caprice (!?)

Dans ces moments là, la question qui se pose finalement, devrait être : et si c'est nous qui avions tort ? Et si effectivement, ce qu'il (elle) est en train de faire était extrêmement important !

De l'importance de jouer
Et oui, car si pour nous, adulte, le jeu n'est que du ludique, pour eux, enfants (bébé, bambins, enfants), le jeu revêt un caractère très différent. "Citant Montaigne, Bettelheim écrivait : « Le jeu devrait être considéré comme l’activité la plus sérieuse des enfants. » Le jeu est un exutoire pour les émotions, mais il sert aussi à résoudre les conflits et permet à l’enfant de mieux affronter le monde extérieur (...) Pour lui comme pour Piaget (1971, 1978), l’enfant qui joue cherche à jeter un pont entre sa réalité intérieure et le monde qui l’entoure. Dans la petite enfance, le jeu est la modalité première au sein de laquelle les enfants se développent et communiquent avec autrui. (...) Il voyait dans le jeu rien de moins que la voie par laquelle l’enfant accède à son identité. S’inspirant de Freud, il le considérait comme le moyen « dont l’enfant se sert pour effectuer ses premières grandes conquêtes culturelles et psychologiques... . Cela est vrai même du tout petit dont le jeu se résume à sourire à sa mère lorsqu’elle lui sourit" cf revue de l'Unesco.

L'idée du caractère essentiel du jeu est également développé dans le livre sur lequel je suis toujours (mes bains se font rares en ce moment !) "mon bébé comprends tout" de Solters. Elle aussi explique combien l'activité du jeu dépasse le cadre du ludique et que c'est dans ces moments là que l'enfant apprends, découvre et apprivoise le monde. Elle insiste d'ailleurs sur l'importance de toujours proposer à l'enfant (en fait le laisser choisir et lui mettre à disposition des variantes) des jeux (on ne parle pas forcement de jeux du commerce, ça peut être un bol avec des cailloux, une cuillère en bois...) qui ont une signification pour lui. Si l'enfant est dans une période où il est intéressé par les jouets qui déclenchent de la musique en appuyant sur des boutons, ne pas lui proposer un puzzle... cela n'aura pas de signification pour lui car il ne pourra pas le relier à quelque chose qu'il connait déjà. Par contre lui proposer un autre jouet ou objet qui reprendra le même principe (des boutons à appuyer) mais légèrement différent (peut être qu'au lieu d'avoir de la musique, ce sera un petit bonhomme qui surgit...).

Elle invite également à ne pas "faire à la place" de l'enfant. Sauf si celui-ci demande vraiment de l'aide, le laisser mener ses expérimentations. En effet, même si on est tenté de faire soi même la tour avec les cubes qui tombent depuis 25 fois, ce n'est pas tant réussir à faire la tour qui compte pour l'enfant que d'essayer.

Elle explique enfin (entre autre choses) l'importance de ne pas interrompre le jeu de l'enfant, quitte à retarder un peu l'heure du dîner, bain, coucher... Bien sur dans la limite du possible. Et lorsqu'il est impératif de s'arrêter, le prévenir à l'avance en n'interrompant pas brusquement mais en prévenant que le jeu va devoir toucher à sa fin. Bien sur, l'enfant risque de manifester son mécontentement, c'est légitime. Dans ce cas là, il faut savoir accepter sa colère, sa déception et sa frustration. D'où la difficulté pour nos esprits formatés de ne pas considérer ces scènes de cris, pleurs... comme des caprices. Ce sont réellement des moments de frustration pour l'enfant qu'il faut accepter. C'est ici qu'elle revient sur le principe déjà abordé dans "pleurs et colères de l'enfant" sur l'accompagnement des pleurs.

Pour aller plus loin sur ce sujet que je trouve passionnant, j'ai noté dans la liste des livres à acheter celui-ci, si quelqu'un l'a lu et souhaite me donner son avis, sinon si quelqu'un souhaite me l'offrir hi hi !

PetitVerger1_copierEt si on leur proposait d'autres jeux ?
Vu que je me suis lancée sur le sujet du jeu... je poursuis en déviant... à peine.
Bien sur je ne parle pas vraiment pour les bibouilloux de l'âge de Lulubelle, mais pour les plus grands. Dès 3 ans, au lieu de leur offrir des jouets classiques, il existe tout un panel de jeu "coopératif". Le principe ? Au lieu de jouer chacun pour soi, pour gagner, les joueurs (enfants et adultes) doivent s'entraider pour atteindre un même but.
J'ai ainsi découvert un site fabuleux où des dizaines de jeux coopératifs sont proposés pour les enfants à partir de 2-3 ans et jusqu'aux adultes. J'aime beaucoup cette philosophie des choses et je pense que je vais refiler le lien aux tontons, tatas, parrain, marraine, grand-parents et cie... si un jour ils sont en manque d'inspiration, qu'ils ne se gènent pas pour y piocher quelques idées !